L’art et la santé

Savez-vous que si vous souffrez de dépression, de certaines maladies chroniques ou si vous êtes en soins palliatifs, on peut vous prescrire une ordonnance pour aller au musée ? Cela est possible à Montréal depuis 2018. De l’autre côté de l’Atlantique, la culture devient aussi, petit à petit, une question de santé publique. Culture vue du côté « pratique d’un art » et du côté « exposition à l’art ». En France, des visites sur ordonnance de musées ont vu le jour ces dernières années, comme au CHU de Rennes, ou dans les Yvelines pour des personnes en parcours de soins liés au stress, à la douleur ou aux troubles de la personnalité.

Les bienfaits de l’art

L’art-thérapie est une pratique d’accompagnement en psychiatrie, en maisons de retraite, en hôpital, qui utilise la création (peinture, musique, écriture, sculpture etc.) pour aider à l’expression de ce qui est difficile à exprimer, à libérer des émotions et à se reconstruire.

Dans la maladie d’Alzheimer, les arts visuels et la musique sont utilisés pour raviver les souvenirs et l’identité des malades.

La musique pendant les séances de chimiothérapie permet d’atténuer leurs effets secondaires tels que nausées, fatigue, douleur etc.

Que se passe-t-il dans notre cerveau quand nous sommes exposés face à un tableau ou quand nous écoutons un morceau de musique ? Comme le dit le neurologue Pierre Lemarquis, « l’art agit presque comme un médicament. Il ne guérit pas mais peut nous donner du courage pour lutter ». On ressent des tas de sensations, d’émotions car l’art provoque des réactions chimiques dans notre cerveau. De la dopamine, de la sérotonine sont sécrétées par exemple, des neuromédiateurs qui ont un rôle essentiel dans le fonctionnement de notre corps. La dopamine joue un rôle essentiel dans la motivation, le plaisir, la récompense, dans les fonctions cognitives. Elle manque aux personnes atteintes de Parkinson. En activant les circuits de la récompense et du plaisir, l’art stimule notre goût de vivre. La sérotonine est quant à elle impliquée dans la gestion des émotions, des humeurs, de la perception des douleurs et de l’alternance veille-sommeil. On a l’habitude de l’associer à l’état de bonheur.

En contemplant certaines oeuvres d’art, notre cerveau réagit comme si elles étaient des personnes vivantes ; il active les « neurones miroirs » liés aux circuits de l’empathie. On comprend mieux pourquoi il nous arrive d’être réconforté.e à l’écoute d’un morceau de musique ou d’une chanson.

Qu’il s’agisse de littérature, de musique, de danse, d’arts plastiques, de théâtre etc., l’impact des arts sur notre santé est toujours positif. Ils apportent une aide psychologique, physiologique, en faisant baisser le cortisol ou hormone du stress par exemple, mais aussi comportementale.

Continuons de rapprocher la santé et les arts et partons explorer notre connexion avec eux pour renforcer et cultiver notre bien-être émotionnel et mental.

Livre « L’art qui guérit » (2020) de Pierre Lemarquis

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