Faut-il avoir peur du dioxyde de titane dans les cosmétiques ?

Sous les feux des projecteurs depuis plusieurs années au sujet de sa potentielle toxicité, le dioxyde de titane (TiO2 ou E171) fait toujours l’objet d’études quant à son impact sur l’être humain et l’environnement. 

Le dioxyde de titane est une poudre minérale blanche utilisée dans de très nombreux produits : matières plastiques, céramiques, produits pharmaceutiques, produits cosmétiques etc.

Ses différents usages sont basés sur 3 propriétés :

Colorante : pigment blanc soutenu, on le retrouve dans les crèmes, les produits d’hygiène comme les dentifrices, et les produits de maquillage. Fort de son pouvoir couvrant associé à  un effet d’optique, de nombreux produits anti-âge en contiennent donnant l’impression que les rides sont estompées. Vous le repérez dans la liste des ingrédients sous l’appellation : CI 77891.

Opacifiante : dans les poudres de maquillage, fond de teint, crèmes couvrantes par exemple. Vous le repérez dans la liste des ingrédients sous l’appellation : Titanium dioxide.

Filtre anti-UV : capable de réfléchir les rayons  UV (UVB surtout), on le retrouve essentiellement dans les crèmes solaires, crèmes de soin ou BB crèmes. Vous le repérez dans la liste des ingrédients sous l’appellation : Titanium dioxide.

Pourquoi est-il dangereux ?

Toxicité par voie orale :

Des études menées par l’INRA en 2017 (Bettini et al) ont démontré qu’une exposition chronique au dioxyde de titane sous forme Nano (particules inférieures à 100 nanomètres) chez le rat est susceptible de provoquer des troubles du système immunitaire et des lésions pré-cancéreuses de l’intestin. Sa toxicité chez l’homme n’étant pas encore évaluée, par principe de précaution, l’ANSES a interdit son usage dans les denrées alimentaires à compter de janvier 2020. Jusqu’alors il pouvait être employé en tant qu’additif alimentaire E171 (confiseries, yaourts, plats industriels).

Cette mesure ne concerne que les denrées alimentaires, ne s’applique pas aux produits tels que dentifrices et rouge à lèvres pour lesquelles une partie peut être avalée. D’où  la recommandation d’éviter le dioxyde de titane Nano dans les dentifrices et rouge à lèvres.

Cancérigène par inhalation :

En 2006, le  CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) l’a classé dans la catégorie 2B des substances susceptibles d’être cancérogènes pour l’homme, des études ayant démontré que des concentrations élevées du Ti02 pouvaient déclencher un cancer du poumon chez l’animal et l’homme travaillant dans des environnements soumis à une forte concentration de TiO2 sous forme de poussières.

Finalement, le parlement européen l’a classé comme cancérogène de type 2 par inhalation en octobre 2019.

Pourquoi est-il toujours utilisé dans les protections solaires ? 

Comme précisé plus haut, c’est un excellent absorbant d’UV, un écran minéral qui réfléchit les rayons du soleil. 

Le dioxyde de titane sous forme Nano est interdit dans les produits solaires sous forme de spray, d’aérosol. Il est autorisé en cosmétique BIO jusqu’à une concentration de 25% dans le produit fini. Son efficacité dépend de la taille des particules, les plus efficaces, qui absorbent bien les UV font de 100 à 500 nanomètres (non Nano donc). Mais, à cette concentration, il présente un inconvénient : il blanchit la peau (c’est pour ça d’ailleurs que les Nano ont été mises au point).

A noter, que le TiO2 est souvent associé à l’Oxyde de Zinc (autorisé en cosmétique bio, filtre UVA) pour offrir une bonne protection solaire.

Optez pour une crème solaire avec dioxyde de titane non Nano; elle vous offrira une bonne protection solaire sans pénétration dans votre peau.

2 commentaires sur « Faut-il avoir peur du dioxyde de titane dans les cosmétiques ? »

    1. Tout à fait. L’usage des nanoparticules augmente beaucoup plus vite que l’état de nos connaissances à leur sujet. Pour ce qui est du dioxyde de titane en tant qu’additif alimentaire (colorant E171), il est interdit en France jusqu’au 31 décembre 2020, suspecté cancérogène. Les résultats d’une récente étude française (https://particleandfibretoxicology.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12989-020-00381-z) ont démontré qu’il passe à travers le placenta de femmes enceintes et qu’il atteint le foetus. Ces nouvelles données influenceront-t-elles la décision à venir de nos autorités vers une prolongation de sa suspension ? Réponse attendue pour bientôt.

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